VILLES > SEBASTOPOL > GUERRE DE CRIMEE ALMA
GUERRE DE CRIMEE ALMA
Des français en Crimée…
Pont de l’Alma, boulevard Sébastopol, avenue de Malakoff, rue de Crimée ou d'Eupatoria, les stations de métro Lourmel ou Michel Bizot. Quel rapport entre ces lieux si connus des parisiens? Un conflit oublié, alors qu’il a été le premier couvert par la photographie: la Guerre de d’Orient, plus connue maintenant sous le nom de Guerre de Crimée, commencée il y a juste cent cinquante cinq ans. En France comme en Australie, au Canada, en Grande Bretagne et même à l’Ile Maurice, cette guerre a aussi laissé des traces sous les noms d'Alma, d’Inkerman ou de Balaklava.Un passionné d'histoire, originaire de Saki en Crimée (Ukraine), organise depuis quatre ans des reconstitutions autour de ce thème. Pour la deuxième année, des français ont participé à cette manifestation.
La reconstitution historique, loisir de passionnés groupés au sein d'associations, séduit de plus en plus de monde. Les reconstitutions concernant cette période n'ont pas le même écho dans l'Hexagone que celles consacrées au premier Empire (Napoléon Ier), à la 2e guerre mondiale ou au Moyen Age, mais quelques groupes perpétuent la mémoire de cette époque.
En 2008, un groupe d’Alsace, dans l’Est de la France, "les Arquebusiers de l'Est" étaient à Balaklava, avec leurs uniformes de Zouaves, dont la bravoure a été remarquée pendant cette guerre. Leur représentant Daniel Reignier, vient tous les ans en Crimée depuis 2004. Cette année, c'est la "Brigade de Savoie" qui nous a rendu visite, rappelant la participation des 15000 hommes envoyés par le Royaume de Sardaigne à cette guerre. L'arrivée des savoyards pour rétablir des situations périlleuses était toujours une bonne nouvelle pour les troupes en difficultés, d'où leur devise "Savoie Bonne Nouvelle". Crée en 1660, la "Brigade de Savoie" fut une composante de l'armée du Royaume Piedmont Sardaigne, qui s'illustra durant la guerre de Crimée. La Brigade fut dissoute en 1860 lors du rattachement de la Savoie à la France. Une partie de ses soldats choisirent d’incorporer l’armée française, l’autre partie, la toute nouvelle armée italienne.
Les grands et les petits ont pu apprécier le spectacle donné dimanche 20 septembre 2009 à Vilino, entre Bakchisarai & Sébastopol. Des groupes russes et ukrainiens étaient aussi présents. On regrette l’absence des anglais. Pourtant ce conflit est resté dans leur mémoire collective, à travers notamment de la « charge de la Brigade Légère » à Balaklava. Un campement militaire a été reconstitué (tentes et ustensiles divers), une soixante de personnes en costumes militaires (zouaves, cosaques) et civils d’époque ont reconstitué la bataille de l’Alma. Les acteurs ont donné des renseignements aux visiteurs sur la vie quotidienne du soldat ou les armes à feu de l’époque. Les tirs de canons et les séances photos ont rencontré beaucoup de succès auprès des enfants comme de leurs parents.
LE SAVIEZ-VOUS ?
"J’Y SUIS, J'Y RESTE!" C'est au Fort de Malakoff que Mac-Mahon prononça les mots célèbres "j'y suis, j'y reste!". Sans rapport avec la remarque du général, de nombreux soldats français et probablement aussi des savoyards de l’armée du Royaume de Sardaigne, se sont installés en Crimée après la guerre. Cette année, nos seize visiteurs de la Brigade de Savoie sont tous repartis dans leur foyer mais nous ont promis de revenir l’année prochaine.
PONT DE L’ALMA C'est en hommage à la bataille de l'Alma qu’est nommé le plus célèbre pont de Paris. Le zouave du Pont de l'Alma est l'une des quatre sculptures représentant quelques-unes des troupes ayant participé à la guerre de Crimée, initialement fixées sur les piles de l'ancien Pont et la seule qui subsiste aujourd'hui à cet emplacement. En 1974, le pont a été reconstruit. Le chasseur à pied, l'artilleur et le grenadier ont été déplacés sur d'autres sites, seul le zouave (soldat français de régiments d'Afrique du Nord) a été maintenu sur le nouveau pont.
LE CIMETIERE FRANÇAIS DE SEBASTOPOL L'ampleur des pertes de la guerre de Crimée ne permit pas d'identifier individuellement les morts et on déposa les soldats dans des tombes communes. Dans le cimetière français de Sébastopol (45.000 soldats français), ils furent regroupés par unité. Pourtant, en dépit de noms maintenant familiers chez nous, les héros de Crimée, les 100 000 Français des cimetières de Crimée ont été abandonnés aux herbes folles. Le cimetière français de Sébastopol a maintenant été restauré. On déplore néanmoins le manque d'entretien.
En Crimée, il est nécessaire d'entreprendre une véritable démarche de mise en valeur du patrimoine, qui passe par la promotion du tourisme de mémoire, notamment à travers des partenariats avec les autres pays concernés. On regrette le manque de concertation et coordination des différents acteurs de la filière tourisme. En effet, des reconstitutions sur le même thème à des dates beaucoup trop rapprochées. On espère l’année prochaine pouvoir annoncer une seule grande manifestation attirant des groupes de France, du Royaume Uni, d’Italie, de Russie et bien sûr d’Ukraine, avec pourquoi pas dans les années à venir une reconstitution navale avec des bâtiments d’époque. En effet, seule une manifestation d’ampleur avec des reconstitueurs beaucoup nombreux sera susceptibles d’attirer des touristes étrangers.
Les prochains rendez-vous:
du 04 au 06.08.2010 Balaklava
du 10 au 12.09.2010 Alma (Vilino)


